Centre d'art de Kamouraska

Moi à l’oeuvre III – l’exposition (2016)

Du 2 avril au 24 avril

Parcours artistique jeune public témoignant de la rencontre entre enfance et création, cette exposition met en scène des œuvres résultant d’une étroite collaboration entre trois artistes visuelles et plus de 200 enfants, rencontrés dans le cadre de notre programme d’éducation artistique.

Cette exposition multisensorielle explore le thème de l’autre, du lien qui nous unit inévitablement à ceux et celles qui nous entourent, par le regard de l’enfant jumelé à celui de l’artiste. Épopée au sein des relations qui se nouent dès la tendre enfance, le parcours propose une installation sculpturale qui déjoue les lois de la gravité, une salle de cinéma magique où il fait bon se réfugier et un montage photographique qui appelle l’amitié et la solidarité.

À travers les œuvres, les jeux de manipulation et les aires dédiées au bricolage, cette exposition relate à la fois l’expérience à laquelle étaient conviés les participants de notre programme d’éducation artistique, tout en permettant aux visiteurs, petits ou grands, de s’approprier l’art.1

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ÉQUILIBRE
JOSÉE BOURGOIN

Dès ses premières années, l’enfant apprend à vivre en relation avec l’autre, du noyau familial aux échanges avec les tout-petits qu’il fréquente. Il explore quotidiennement ce lien inévitable, s’éveillant aux contraintes et compromis que cela suscite, assimilant ses propres limites en regard de celles de l’autre. Si les relations qui se nouent apportent leur lot de moments heureux, elles sont aussi source de tension et d’incompréhension. C’est ce lien étroit, parfois ambiguë, que Josée Bourgoin ausculte ici : et si la réponse à notre épanouissement personnel résidait justement dans la qualité de nos relations avec ceux qui nous entourent?

Lors des ateliers de création, les enfants étaient appelés à travailler en équipe de deux. Pour matérialiser le lien à l’autre, les enfants étaient attachés ensemble par un élastique et devaient ainsi apprendre à unir leurs mouvements pour réaliser leur projet : choisir d’un commun accord le matériel nécessaire et créer un petit être enfilé dans une boîte. L’artiste a, par la suite, procédé à l’assemblage des projets créés par les enfants. Il en résulte une installation sculpturale à la fois précaire et chaotique, à l’image de notre société constituée de plusieurs individus liés les uns aux autres qui, tels des acrobates de cirque, cherchent à trouver l’équilibre dans cet amalgame collectif.
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Josée Bourgoin s’exprime, raconte et s’interroge par la sculpture. Elle interagit avec l’autre et avec la matière, adaptant sa pratique au gré des rencontres et de l’asymétrie unique des arbres. Artiste du détail, elle révèle sa sensibilité à travers la finesse d’une courbe, à travers la jonction qu’elle crée entre des univers opposés, à travers son désir d’initier les tout-petits à l’art. Elle travaille à nourrir l’éveil des consciences et utilise le bois comme un allié. Ses inspirations premières lui viennent des végétaux, faisant évoluer sa démarche vers une recherche métaphorique entre la vie et le mouvement associé aux formes organiques.

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FRATERNITÉ
FERNANDE FOREST

Pour l’artiste comme pour l’enfant, la main revêt une importance particulière : elle est à la fois créatrice et rassembleuse. La main symbolise l’acte créateur (s’en servir pour dessiner, photographier, sculpter) et le rapport à l’autre (la tendre pour appeler ou offrir le réconfort, la prendre pour témoigner de l’amitié ou offrir une sécurité). C’est cette prémisse qui a initié le processus artistique de Fernande Forest : photographier les enfants main dans la main.

Assemblées côte à côte pour former une chaîne, les petites mains présentées dans cette série photographique suscitent une tendresse et une douceur certaines. En contemplant ce geste universel de fraternité, cette valse métaphorique à l’échelle des tout-petits, comment ne pas tourner nos pensées vers les enfants du monde entier, ceux qui vivent la guerre ou la maltraitance? Par la mise en espace, l’artiste cherche à faire de l’acte photographique un acte politique, lançant ainsi un message de paix, d’amitié et de solidarité. D’espoir aussi. Car, après tout, ces petites mains présentées ici sont celles qui, demain, auront à réinventer le monde.
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Pour Fernande Forest, la nature et l’être humain sont au cœur de sa démarche. À l’aide notamment de la photographie et de la numérisation, elle capte les sujets sensibles de son environnement et utilise la technologie numérique pour faire ressortir leur pouvoir d’évocation et leur poésie. Ses œuvres avec les éléments de la nature soulignent les liens significatifs qui nous relient au monde. Sa pratique intuitive s’inscrit aussi en art relationnel, là où l’expérience de la rencontre avec l’autre guide la création et fait partie intégrante de l’œuvre. Pour elle, il s’agit de recevoir l’autre ou le sujet pour ce qu’il est, et de lui donner un sens et une richesse amplifiés par la création.

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GUERRIERS ET GUERRIÈRES DE LUMIÈRE
AMÉLIE PELLERIN

Par le jeu, l’enfant est appelé à négocier son rapport à l’autre. Le partage, l’entraide et la complicité qui prennent forme en jouant avec les autres sont des sources de joie pour l’enfant. Il goûte alors le plaisir d’être et de faire ensemble. C’est avec cette gaieté enfantine qu’Amélie Pellerin aborde ici l’individu en relation dans un groupe, par le biais du corps. Elle expérimente la gestualité collective et la lumière comme matériaux de création, tentant de rejouer le dessin, de le sortir de la feuille et de le libérer des crayons.

D’abord maquillé par son partenaire, puis plongé dans le noir où la réalité s’efface, l’enfant était invité par l’artiste à devenir un guerrier de la lumière. Les joyeux personnages étaient ainsi capables de créer des dessins dans les airs, grâce à des accessoires phosphorescents (et magiques, il va sans dire!). Par la captation vidéographique et photographique, l’artiste convie le visiteur à être témoin de l’euphorie des enfants. Dans une mise en scène loufoque, l’artiste invite à plonger dans une épopée où les petits yeux brillent d’amusement.
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Dans sa pratique artistique, Amélie Pellerin travaille la relation dedans-dehors, le contenant-contenu l’enveloppe et le corps. Elle est intéressée par le geste brut et l’accident, le processus. Elle aime créer un art qui appelle au toucher, qui invite les corps à participer, à laisser leur empreinte ou à vivre une immersion. Elle crée des mises en scènes, des environnements ludiques, bricolés, souvent en suspension, où se déploient sans cesse ses obsessions : le dessin, les organes, l’anxiété, les animaux fantaisistes, les fantasmes et les rêves, les mots et leurs formes. Ses dessins sont amenés dans l’espace du lieu, envahissent sol et murs, deviennent installation.

Partenaires

Cette exposition est rendue possible grâce à la participation financière de la Table En action pour les -9 mois/5 ans dans le cadre de la démarche COSMOSS Kamouraska.

Merci également à la Compagnie Normand Ltée.