Centre d'art de Kamouraska

À Propos

Mission

Le Centre d’art de Kamouraska a pour mission de soutenir la recherche, la création, la production et la diffusion en art actuel. Privilégiant les pratiques en arts visuels et en métiers d’art, le Centre d’art programme des expositions temporaires, des événements ponctuels à grand déploiement, des conférences thématiques, des ateliers et des activités de médiation culturelle. Par son action, le Centre d’art entend soutenir et promouvoir les artistes professionnels à différents niveaux de carrière, accompagner et encourager l’innovation au sein des pratiques artistiques et faciliter la réception et la compréhension des œuvres en art actuel par le grand public.

Vision

Le Centre d’art de Kamouraska souhaite être reconnu comme un espace culturel incontournable sur le territoire bas-laurentien et au sein du réseau des organismes artistiques professionnels de la province. Ancré au cœur du village de Kamouraska, le Centre d’art offre au grand public un lieu de découverte stimulant ainsi que des moyens renouvelés pour se familiariser à l’art actuel et à ses multiples champs d’expression. Sensible à son environnement géographique et social, le Centre d’art de Kamouraska imagine et programme des événements permettant notamment de mettre en valeur, de souligner, de transformer et d’habiter les patrimoines matériel et immatériel qui composent et modèlent son territoire.

Privilégiant les arts visuels et les métiers d’art, le Centre d’art est particulièrement sensible aux pratiques qui abordent le paysage – tantôt comme matière, tantôt comme concept –, qui bousculent les modes de diffusion classiques et qui renouvèlent le rapport espace/œuvres/spectateur.

Sa programmation riche, diversifiée et audacieuse suscite la curiosité du public et des amateurs d’art, en plus d’offrir des contextes de diffusion et d’intervention stimulants et inédits pour les artistes professionnels du Bas-Saint-Laurent et d’ailleurs.

Attaché à l’accessibilité des arts et de la culture en région éloignée, le Centre d’art possède une expertise éprouvée et reconnue en matière de médiation culturelle et d’activité éducative. Acteur social, culturel et éducatif de premier plan pour les communautés locales et les institutions de la petite enfance et scolaires qu’il dessert, le Centre d’art de Kamouraska contribue à animer les communautés rurales et à offrir un milieu de vie dynamique. Par ses actions éducatives plurielles et sa capacité à stimuler l’émergence de formes artistiques réinventées pour les jeunes publics, il vise l’éveil et la sensibilisation à l’art actuel, en plus de réaffirmer sans cesse son rôle de passeur de culture.

Le Centre d’art de Kamouraska s’inscrit à la confluence d’un centre d’exposition – en termes de mandat éducatif et de circulation d’expositions – et d’un centre d’artistes autogéré – en matière d’orientations artistiques et de mode de gestion. Fier de son approche éducative distinctive et des liens tissés avec les communautés rurales alentours, le Centre d’art de Kamouraska propose une tribune artistique majeure pour les artistes en art actuel et se veut un vecteur de développement et de rayonnement culturel, social, économique et touristique pour la région de Kamouraska.

[Le Centre d’art est membre du Réseau Muséal du Bas-Saint-Laurent.]

Orientations artistiques

Le Centre d’art de Kamouraska articule sa programmation annuelle autour de six volets d’intervention ciblés et distinctifs :

  • le paysage
  • les thématiques
  • les projets et événements spéciaux
  • les jeunes publics
  • les projets éducatifs hors-murs et la médiation culturelle
  • la circulation d’expositions

Le paysage

Ancré au cœur de Kamouraska, un village hautement patrimonial considéré comme l’un des plus beaux au Québec, le Centre d’art de Kamouraska évolue sur le territoire bas-laurentien, réputé pour ses grands espaces et ses paysages maritimes, forestiers et agricoles. L’omniprésence de ce paysage, bien commun et trame de fond du quotidien de ceux qui l’habitent, est au centre des préoccupations de l’organisme. Bien plus qu’objet de contemplation, le paysage s’inscrit, dans les orientations artistiques de l’organisme, comme objet de discussions et de réflexions. Miroir de l’art de vivre de ceux qui nous ont précédés et témoin sensible de nos gestes actuels, le paysage est modelé par des éléments physiques, biologiques et anthropiques, créant un ensemble unique et indissociable en perpétuelle évolution. Le Centre d’art privilégie les propositions d’artistes et de commissaires qui portent un discours critique, poétique ou ludique au sein duquel s’inscrit le paysage, appréhendé comme matière, comme concept ou comme un espace vécu permettant d’aborder des questions d’ordre historique, sociologique, politique, économique, géographique, environnemental et identitaire. Les explorations novatrices dans et à partir du paysage, qu’il soit produit, utilisé, construit ou artificialisé, permettent de donner forme au paysage dans une expérience nouvelle et conscientisée.

Le Centre d’art de Kamouraska porte une attention particulière à l’accessibilité et à la réception des œuvres et déploie, à cet égard, une programmation plurielle en termes de formes et de contextes. Par ses expositions en salle, ses événements hors-murs, son infiltration dans l’espace public ou dans les espaces du quotidien, le Centre d’art ouvre des aires de réflexion et de rencontre entre l’artiste, le paysage et la communauté. Par ses propositions et cadres d’intervention originaux et inédits, le Centre d’art tente de renouveler notre rapport au paysage, d’ouvrir et de défricher de nouvelles pistes de lecture du territoire.

 

Les thématiques

Le Centre d’art de Kamouraska, logé dans un ancien palais de justice, dispose de plusieurs salles d’expositions, de dimensions variables et réparties sur deux étages. Dans un souci de cohérence des expositions et une préoccupation de maximiser l’expérience du visiteur, le Centre d’art élabore désormais sa programmation annuelle à partir de thématiques. Chaque exposition devient un prétexte pour réunir des œuvres plastiques provenant de diverses disciplines et permet ainsi d’articuler un dialogue autour d’un thème précis. Cette approche permet le décloisonnement des pratiques artistiques et stimule les transferts, les rencontres et les maillages entre les disciplines, plus particulièrement les arts visuels et les métiers d’art.

 

Les projets et événements spéciaux

Le Centre d’art réserve également une partie de sa programmation annuelle pour des projets et événements spéciaux, un volet qui permet d’être à l’écoute du milieu et de répondre avec rigueur et spontanéité aux besoins et aux initiatives des artistes. Les projets spéciaux sont des propositions portant sur les spécificités régionales qui visent, par la diversification des modes de production et de diffusion, opérant tant hors les murs que dans les espaces spécifiquement dédiés à l’art, la mise en valeur des singularités bas-laurentiennes.

 

Les jeunes publics

Alors que le théâtre, la littérature ou la chanson développent des productions visant le jeune public, force nous est de constater que la production d’expositions en arts visuels actuels spécifiquement pensée et imaginée pour les jeunes publics et leurs familles demeure marginale. Peu présentes dans le paysage de l’enfance et de l’adolescence, les pratiques en art actuel restent trop rarement envisagées comme des propositions innovantes et propres à engager un dialogue stimulant avec les plus jeunes publics. Complice des groupes ressources du territoire œuvrant auprès des enfants, des adolescents et de leur famille, le Centre d’art a développé, au cours des dernières années, une nouvelle approche d’éveil des jeunes publics à l’art actuel. Le Centre d’art vise ainsi à soutenir et stimuler l’émergence de formes artistiques réinventées pour ces publics, en programmant des expositions et des projets spéciaux faisant appel à des pistes de recherche novatrices, en favorisant et accompagnant des propositions originales et inédites, adaptées au développement sensoriel des enfants et des adolescents. Le Centre d’art souhaite s’inscrire comme incubateur de projets d’expositions en art actuel dédiés aux jeunes publics et devenir une référence en la matière. Pour se faire, le Centre d’art intervient comme producteur ou coproducteur de tels projets.

 

Les projets éducatifs hors-murs et la médiation culturelle

Le Centre d’art de Kamouraska est très actif en matière d’éducation et d’action culturelle et développe des interventions, activités ou événements créés dans une optique de médiation culturelle ou d’éducation artistique. L’organisme tend ainsi à instaurer des modes d’intervention et des pratiques de production, de diffusion et d’appropriation de la culture qui rehaussent la qualité des relations qu’il établit avec ses publics, dans une approche éducative qui favorise le regard critique. Parmi les partenaires de la mission éducative du Centre d’art, on retrouve des organismes œuvrant auprès de la petite enfance ainsi que des écoles primaires et secondaires, qui agissent comme hôtes des programmes éducatifs hors-murs développés par l’organisme. De plus, des activités de médiation culturelle pour le grand public se greffent à la programmation annuelle du Centre d’art, celles-ci se déroulant tantôt hors les murs, tantôt au Centre d’art.

La mission éducative du Centre d’art lui permet de bâtir des relations durables avec ses publics, de s’ancrer dans sa communauté et de jouer pleinement son rôle d’acteur social au service du citoyen.

 

La circulation d’expositions

Depuis 2011, le Centre d’art a développé une série d’expositions itinérantes portant sur les métiers d’art. Chaque édition de « Matières et mémoires » propose un nouveau regard sur des pratiques axées autour d’une même matière : le bois, la céramique, le métal, etc. Ces expositions sont conçues et produites de manière à en faciliter la circulation dans divers lieux de diffusion (musées, galeries, centres d’exposition), mais aussi dans des lieux ou lors d’événements non-dédiés à l’art (salle de congrès, colloque sur la foresterie ou la culture du lin, etc.). Activité distinctive du Centre d’art, le volet Circulation repose sur diverses stratégies d’approche auprès des diffuseurs potentiels pour faciliter le développement de collaborations et partenariats de qualité. Fort de ses succès récents, l’organisme tend désormais à étendre la circulation de ses expositions hors du cadre strict de la série « Matières et mémoires ». Ainsi, les projets dédiés aux jeunes publics pourraient s’inscrire parmi les expositions itinérantes du Centre d’art, tout comme certains projets spéciaux, remplissant les critères reliés au volet Circulation.

Valeurs

Le Centre d’art de Kamouraska reconnaît et défend la Loi sur le statut de l’artiste professionnel en arts visuels et en métiers d’art. À cet égard, il respecte, dans la mesure de ses moyens, le versement des droits et cachets recommandés par le CARFAC et respecte la propriété intellectuelle des œuvres.

Le Centre d’art de Kamouraska offre aux artistes et professionnels en métiers d’art des conditions de pratique et d’expositions qui respectent les standards professionnels.

Le Centre d’art de Kamouraska est un organisme à but non lucratif qui imagine et développe des activités artistiques reconnues professionnelles. À ce titre, la programmation artistique est élaborée par un comité composé d’artistes reconnus professionnels, selon la loi sur le statut de l’artiste. L’élaboration et la direction artistique de certains événements sont, quant à eux, confiés à des commissaires indépendants professionnels et reconnus.

La saine gestion, la transparence, l’équité, l’intégrité, la rigueur et l’écoute sont au cœur du mode de gouvernance promu par le Centre d’art de Kamouraska.

Le Centre d’art privilégie la coopération et l’édification de liens durables avec les organismes culturels et communautaires, les municipalités, le milieu scolaire et les institutions publiques ou privées, présents sur le territoire. De plus en plus, le Centre d’art développe des alliances hors de sa région, dans le but d’accroître le rayonnement et la circulation de ses projets et événements thématiques.

La question touchant la réception des œuvres par le public occupe une place importante au moment de construire la programmation annuelle du Centre d’art. La sensibilisation et l’éveil à l’art actuel, l’éducation artistique en direction des jeunes publics et le développement des relations entre le public, les créateurs et leurs œuvres sont au cœur de la démarche qui anime le Centre d’art.

Histoire du lieu

En 1849, Kamouraska devient le chef-lieu judiciaire du comté du même nom – comté issu de la subdivision de la vaste circonscription de Cornwallis. Le 31 mai de l’année suivante, le gouvernement se porte acquéreur de la maison de feu le notaire Jean-Baptiste Taché afin d’y aménager le palais de justice. Il est la proie des flammes à deux occasions, soit en 1864 et en 1881. La cour supérieure y siègera jusqu’en 1883, date où elle fut déménagée à Rivière-du-Loup, devenu à l’époque un centre ferroviaire en pleine croissance. Déçus, les Kamouraskois durent demander l’érection dans leur village d’un palais de justice habilité à recevoir une cour inférieur dite « de circuit », pour traiter des enjeux civils n’excédant pas les 100$.

Le palais de justice actuel fut construit en 1888. Les ingénieurs Jean-Baptiste Derome et Paul Cousin, de même que l’architecte Elzéar Charest, du département des travaux public du Québec, participèrent aux plans, devis et cahier de charges qui ont fait l’objet d’un appel d’offre public. L’édifice sera également le siège d’un bureau d’enregistrement et du conseil du comté et ce jusqu’à ce que, en 1913, Saint-Pascal accueille à son tour la cour et le bureau d’enregistrement.

Derrière ses attributs de forteresse plus apparents, le palais de justice de Kamouraska présente principalement des caractères du style Second empire, dont les origines remontent au règne de l’empereur français Napoléon III. Introduit peu après en Amérique du Nord par des architectes qui avaient étudié à l’École des Beaux-Arts de Paris, le style Second empire allait connaître une très grande popularité auprès de la bourgeoisie pour l’architecture résidentielle et commerciale, en plus d’imposer sa présence dans bon nombre d’édifices publics.

Les architectes d’ici ont largement souscrit à ce style, notamment dans les immeubles institutionnels et hôteliers, sans compter un usage très répandu, sous une forme simplifiée, pour les habitations courantes. Centrée sur l’utilisation du toit à la Mansard – un toit aux pans brisés à deux ou quatre versants –, le style se reconnaît également dans l’ornementation soignée des corniches de l’avant-toit, ainsi que dans la forme et le décor plus recherchés des portes et des fenêtres.

Cette vogue s’explique par l’élégance abordable qu’offre ce type de constructions, mais aussi par son caractère fonctionnel qui permet de mettre à profit tout l’espace disponible sous les combles. Dans les adaptations québécoises de ce style, on a accentué la courbure du toit pour former des égouts retroussés, conférant ainsi aux couvertures cette forme typique qui évoque celle d’une cloche.

Sur le palais de justice, maintenant le Centre d’art de Kamouraska, on retrouve cette forme de toit caractéristique du style Second empire, de même que ces avant-toits aux corniches moulurées qui ennoblissent le bâtiment. On remarque aussi la forme des ouvertures – portes, fenêtres et lucarnes – dont l’imposte supérieure découpée en pointe forme un détail significatif. Par-delà ces éléments stylistiques, le palais de justice se donne des airs de place-forte en greffant au corps de l’édifice une tour centrale garnie de créneaux et d’une tourelle. En divers autres points de l’immeuble, de nouveaux éléments s’ajoutent pour accentuer l’allure de forteresse du bâtiment – une seconde tourelle en flèche, une voûte saillante ornée de créneaux, des cheminées et des coins de murs formant autant de contreforts qui enracinent l’architecture au sol.

Collectif MPK

Le Collectif muséal et patrimonial du Kamouraska est un regroupement qui compte deux musées – le Musée régional de Kamouraska et le musée François-Pilote –, un centre d’exposition – le Centre d’art de Kamouraska –, un lieu d’interprétation – la Maison Chapais – ainsi qu’un centre d’archives – les Archives de la Côte-du-Sud. L’objectif principal de ce regroupement est de travailler conjointement à la consolidation concertée des institutions muséales et du centre d’archives, par un partage efficace des ressources et des expertises. Les institutions-membres du Collectif ont une volonté de concertation et de coopération entre elles, tant au niveau du partage des ressources qu’à leur apport respectif aux produits culturels et aux publics.

Gardiennes et lieux de partage du patrimoine, les institutions-membres du Collectif occupent une place de choix dans le monde de l’éducation, de par les relations qu’elles permettent d’établir entre les produits culturels sous toutes leurs formes et entre les publics dans toute leur diversité. Par la pluralité de ses activités et ses champs d’expertise, le Collectif offrent aux individus une multitude d’avenues différentes pour accéder à la connaissance et au développement personnel.

Toute institution muséale en est une à caractère éducatif, non pas au sens scolaire du terme, mais plutôt dans l’optique où elle constitue un lieu de service au développement personnel des individus. L’éducation et l’action culturelles, telle que conçue par les institutions muséales, prennent forme par des modes d’intervention diversifiés et toujours étroitement liés aux contenus et aux savoirs diffusés : visite libre ou commentée, ateliers d’expérimentation concrète, jeux et défis éducatifs, programmes scolaires, ateliers de formation spécifique, activités pour publics spéciaux, activités à caractère culturel, etc. Les institutions-membres de Collectif élargissent de cette façon leur contribution à la vie culturelle de leur communauté et de leur région d’appartenance. Ainsi, les institutions muséales mettent de l’avant, à travers leur mission respective et leurs activités de recherche, de conservation, d’interprétation et de diffusion, l’andragogie, c’est-à-dire l’art et la science d’aider les gens à apprendre par eux-mêmes.

Par leur mission et leurs objectifs respectifs, les institutions du Collectif muséal et patrimonial du Kamouraska se démarquent les unes des autres et développent des champs d’expertise qui leur sont propres.